Interview : Xavier Zeitoun, Fondateur de 1001 Menus (2)

Après nous avoir fait vivre le début de l’aventure de 1001 Menus, Xavier Zeitoun fait le point 2 ans après son démarrage et nous livre certaines de ses orientations d’avenir.

Xavier Zeitoun

Xavier Zeitoun

AE : Aujourd’hui, donc à peu près 1 an après la levée de fonds, presque 2 ans après le pivot,  1001 Menus en est où ?

Xavier Zeitoun : 1001 Menus a grossi puisqu’on est passé de 3 associés en juin 2012 à une équipe de 18 personnes aujourd’hui. Cela s’est fait assez rapidement avec toutes les problématiques de croissance rapide d’une équipe, surtout lorsqu’on ne l’a jamais vécu et que l’on n’a aucune expérience dans ce domaine. Cela  ne s’est pas fait de manière très facile. En termes de clients, on est passé de 0 clients à 700 clients en un an.

AE : Sur Paris ?

Xavier Zeitoun : Paris et en France. On a ouvert entre temps dans 3 villes de province et on est maintenant physiquement présent à Lille, Lyon et Nantes. Là aussi, l’expérience d’ouvrir dans d’autres villes que Paris s’est révélé très intéressante. Notre modèle de commercialisation passe par des commerciaux qui vont rencontrer les restaurateurs physiquement, donc les ouvertures imposent celles  d’établissements locaux. Le chiffre d’affaires est passé de 0 à quelques centaines de milliers d’euros, mais il reste bien des challenges à relever pour le futur…

AE : Le concept qui a donné lieu au pivot n’a pas varié je présume. J’imagine qu’il y a eu des partenariats avec des guides et annuaires, et que le logiciel qui est le socle a évolué ?

Xavier Zeitoun : Oui. C’est maintenant un logiciel qui centralise tous les besoins du restaurant en terme de communication sur Internet. Il y a d’une part le référencement sur tous les annuaires locaux en ligne, type Yelp, TripAdvisor, Nomao, et  d’autre part le site Internet du restaurant, son site mobile, la gestion de ses réseaux sociaux, la gestion de ses réservations, son CRM qui permet au restaurateur de solliciter sa base clients avec des newsletter ou des sms. Tout est centralisé à l’aide d’un seul logiciel doté d’une interface très simple et intuitive qui répond aux seuls besoins du restaurateur lequel n’est généralement pas un expert d’internet. En terme de produit, les fonctionnalités d’il y a un an étaient à peu près d’un cinquième de celles d’aujourd’hui. Nous sommes sur un modèle d’abonnement et notre challenge est de conserver nos clients le plus longtemps possible. Ils sont engagés pour un an, mais chaque année il faut qu’ils renouvellent. Le meilleur moyen de les fidéliser est d’apporter régulièrement des nouveautés. Les sorties d’améliorations du produit se font quasiment au rythme de 2 nouvelles fonctionnalités par mois, amélioration qu’on annonce à tous nos clients qui peuvent en profiter sans payer de supplément, simplement parce qu’ils sont abonnés à 1001 Menus.

AE : Il y a des concurrents qui sont arrivé ?

Xavier Zeitoun : Trois concurrents se sont lancés  depuis maintenant 2-3 mois. Ils ont ouvert officiellement mais on ne voit encore pas trop leur impact sur le terrain ; ils n’ont pas forcément encore réellement démarré la commercialisation de leur produit. Nous ne regardons pas trop ça, notre objectif c’est de devenir un leader européen dans notre secteur et aujourd’hui les concurrents qu’on voit se lancer le font à très petite échelle en France et au niveau local : il n’y a pas vraiment de concurrent sérieux à ce jour.

AE : Donc il y a place pour des acteurs locaux, c’est ça ?

Xavier Zeitoun : En effet, mais notre vision dans les 3 prochaines années, est concrètement de faire au niveau Européen ce qu’on fait aujourd’hui en France.

AE : J’ai été très intéressé par ton blog personnel(1) dans lequel on voit passer les émotions générées par ses difficultés avec lesquelles l’entreprise, et toi en premier chef, aviez eu à composer. J’ai trouvé ça très instructif à lire.

Xavier Zeitoun : J’ai créé mon blog en pensant, d’une part que c’est utile à lire pour un entrepreneur et d’autre part  intéressant pour l’entrepreneur que je suis de raconter publiquement sur un blog le parcours de mon entreprise ; un moyen de faire le point et de mesurer le chemin parcouru. Il y a aussi une arrière pensée assez opportuniste d’un intérêt business à raconter son entreprise en transparence ce qui contribue à développer son réseau. Mais finalement il y a assez peu d’entrepreneurs qui font cette démarche.

AE : C’est une démarche originale en effet et les entrepreneurs ont plutôt tendance à être très discrets sur leurs problèmes ?

Xavier Zeitoun : Le blog est la suit de la culture d’entreprise lorsqu’on a souhaité dès le début de 1001 Menus. On voulait des valeurs d’entreprise et l’une des plus importante était justement d’être transparent sur tout et avec tout le monde dans l’entreprise, quel que soit le niveau d’information. Par exemple, chez 1001 Menus aujourd’hui, les stagiaires peuvent accéder au solde du compte en banque de la société à tout moment. Il n’y a quasiment aucune information confidentielle dans la société. Ce choix est bien antérieur à l’apparition de mon blog et à sa création j’ai voulu aller jusqu’au bout dans la transparence : Pourquoi ne pas raconter à l’extérieur ce qui se passe à l’intérieur, de manière transparente, me suis-je dit.

AE : Aujourd’hui c’est un blog qui est très suivi ?

Xavier Zeitoun : Quand j’écris, oui. En revanche, j’écris trop peu souvent pour qu’il soit réellement visité en continuité. Mais j’ai énormément de réaction à chaque parution, plusieurs commentaires et aussi des visites sur le site de 1001 Menus. Ce qui est intéressant, c’est que je reçois plusieurs e-mails de prises de contacts de personnes qui découvrent 1001 Menus grâce au blog et avec lesquels j’ai déjà pu initier des partenariats, faire du business…

AE : Je reviens sur le business, aujourd’hui, est-ce que tu as fait le plein des accords possibles, où en es-tu sur cet aspect important ?

Xavier Zeitoun : En ce qui concerne les partenariats, ils nous permettent de référencer tous les restaurants clients de notre base. Aujourd’hui, on a signé avec 20 sites Internet que l’on a interfacés. Ces 20 sites représentent 80% de l’audience de la recherche de restaurant sur Internet en France. Il ne nous manque que 2 gros annuaires, plutôt internationaux mais avec lesquels on est en discussion avancée pour concrétiser probablement rapidement. On aura alors fait le plein. C’est une protection sérieuse pour nous et une vraie barrière à l’entrée de concurrents sur ce marché.

AE : D’autres barrières ?

Xavier Zeitoun : Les barrières sont à 2 niveaux. En plus de celle dont je viens de parler il y a tout ce qui est le développement et l’ergonomie vis-à-vis des restaurateurs, qui fait qu’une utilisation simple et ergonomique d’un outil qui résout leurs problèmes. Leur ôte toute envie de  pas envie de changer. C’est une clientèle qui devient fidèle. Et puis la barrière à l’entrée c’est aussi ce que nous apprenons tous les jours des retours de nos clients : 80% des modifications faites sur le produit proviennent de retours du terrain et c’est très précieux pour rester dans la course.

AE : Il y a eu des ouvertures dans quelques villes de province. J’imagine qu’il y en a d’autres qui sont prévues ? Et les pays limitrophes, l’Europe, tu y penses ou ce n’est pas encore réellement « dans le radar » ?

Xavier Zeitoun : D’ici la fin de l’année 2013, on aura couvert les plus grandes villes françaises. On sera ainsi présent dans 8 villes en plus de Paris ce qui correspond au territoire qui nous intéresse. A partir de 2014, ça va être le démarrage d’une nouvelle ère pour nous puisqu’on va faire des changements significatifs, sur le positionnement de la société et en terme de périmètre aussi. On fera une annonce en temps voulu.

AE : Il y a une stratégie complémentaire qui se précise ?

Xavier Zeitoun : Il y a un plan qui est fixé. Il est même plus qu’en gestation puisque les choses sont quasiment toutes décidées.

AE : Levée de fonds ? Pour cette stratégie d’ampleur, j’imagine que ce n’est pas gratuit.

Xavier Zeitoun : Oui, il y a aussi une levée de fonds en cours. Elle va nous permettre justement de passer ce cap de croissance. Aujourd’hui on a validé qu’on était capable en interne de lancer la commercialisation et finalement assez de choses pour pouvoir maintenant vraiment accélérer, passer une étape supérieure. Cela nécessite plus d’argent et on est donc en train d’en lever.

AE : Merci Xavier de cette interview. Longue et belle vie à 1001 Menus.

http://xavierzeitoun.com

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