Le financement efficace de la start-up

Les possibilités de financement efficace en capital se sont considérablement élargies depuis ces deux dernières années

financement Le crowdfunding, phénomène en émergence rapide, boosté par les récentes mesures gouvernementales, est ainsi venu rejoindre les réseaux de business Angels et les fonds d’investissements qui commencent à s’intéresser de plus en plus aux start-up en « early stage » voir à celles en amorçage grâce à l’apport de fonds publics via le  FNA créé en 2009,  par les fonds régionaux qui co-investissent,  ainsi que BPIfrance, création récente qui  a repris et complété les financement et aides « OSEO »  venue compléter un dispositif devenu très complet du financement de l’entrepreneuriat.

D’autres moyens de financement, notamment par la dette bancaire, existent et c’est donc face à une très large palette de possibilités que l’entrepreneur doit orienter sa recherche de financements.

 

La dette bancaire : un moyen de financement inadapté aux Start-up

Les start-up, considérées comme trop fragiles (et trop souvent les PME déjà bien installées sur leur marché), n’ont pas accès au financement bancaire : s’adresser aux banques ne peut se concevoir avec quelques chances de succès que si l’on présente une stabilité attestée par un historique de résultats positifs sur plusieurs années et une croissance à venir évidente.

Les banques cherchent, en prêtant, à minimiser leur risque pour un résultat connu, les intérêts de la dette. Une start-up, ou une jeune PME encore en univers incertain, n’offre qu’une possibilité de profit à terme, éventuellement important, mais avec un risque de perte en capital inacceptable pour un banquier. Start-up et banques appartiennent à deux mondes différents entre lesquels les osmoses sont exceptionnelles…

Le  risque de défaut élevé de la start-up la disqualifie car elle se trouve être dans la situation inverse de ce que cherche le banquier.

BPIfrance, la banque publique d’investissement, organisme étatique, est l’exception voulue par les pouvoirs publics qui, conscient de ce problème, cherchent à en minimiser les effets : encore la BPI ne prête-t-elle le plus souvent qu’en abondement à une levée de fonds en capital.

L’emprunt bancaire hors toute levée de fond est ainsi inadapté à la start-up et à la jeune PME dans la très grande majorité des cas. (Voir à ce sujet la Vidéo de l’article sur MaP’tite Culotte, question 3)

 

Les choix de financement  de la start-up

L’entrepreneur à la tête d’une start-up en recherche de financement peut ainsi :

-  Rechercher des financement en « love money » (famille, amis, relations intéressés par le projet de l’entreprise…),
-  S’adresser aux réseaux Business Angels (il existe maintenant plus de 4 000 Business Angels en France organisés en réseaux regroupés sous France Angels) ou aux Business Angels indépendants,
-  Se tourner vers les plateformes de crowdfunding, nouvelles venues dans le paysage du financement de projets, entrepreneuriaux ou non.
-  Recourir aux fonds d’investissement (On constate depuis deux ans qu’un certain nombre de fonds d’investissement commencent à financer des projets au stade de l’amorçage alors qu’ils ne regardaient ceux-ci qu’en observateurs).

Face à ces possibilités l’entrepreneur se doit de cherchez la ou les voies de financements les plus efficaces.

 

 Qu’est-ce qu’un financement efficace ?

Y a-t-il, pour l’entrepreneur, d’autres attentes que la seule obtention d’un financement ?
La première des pistes de réflexion se situe au niveau des  utilisations prévues pour le financement souhaité : développer sa R&D, lancer une campagne de marketing, rechercher des distributeurs et les former, fabriquer une série importante de produits qui sera ensuite vendue, etc…

On voit que ces utilisations, qui ne sont  pas toutes de même nature, ont souvent mais pas toujours pour principal objet de créer de la valeur plus ou moins directement :
-  Développer la R&D doit donner lieu à un résultat durable, éventuellement activable par dépôt de brevet, et donc une augmentation de valeur tangible ;
-  Lancer une campagne de marketing, si elle réussit, conduira à une meilleure visibilité de l’entreprise ainsi que des ventes par l’acquisition de nouveaux client et, s’il est possible de développer une récurrence d’achat, là encore à une création de valeur ;
-  Rechercher des distributeurs est un moyen de chercher à multiplier ses ventes et son profit, donc de créer de la valeur ;
- Lancer la fabrication d’une série importante et coûteuse de produits n’est qu’un moyen de se mettre en situation de pouvoir vendre ; c’est la vente elle-même qui est réellement créatrice de valeur,…

Enfin, il y a encore et toujours l’objectif sous-jacent , déjà explorée dans un article précédent, d’une dilution faible que recherche l’entrepreneur…

Nous pouvons dire que du point de vue de l’entrepreneur, une approche d’un financement efficace devrait permettre :

- d’obtenir le financement pour l’utilisation qu’il en prévoit,
- de lui permettre de manière induite d’améliorer la situation de l’entreprise (visibilité, parties prenantes, débouchés commerciaux, etc…), selon les principes de l’effectuation,
- d’être le moins possible dilué.

C’est en réfléchissant à sa situation et aux avantages des différentes approches de financement que l’entrepreneur devrait pouvoir orienter sa stratégie de recherche de l’une et l’autre des pistes de financement évoquées, même si, en la matière, les degrés de liberté du choix de l’entrepreneur restent limitées.

Ce premier texte est introductif  à une série de trois autres articles qui traiteront les thèmes suivants :

-   Crowdfunding : avant de lever des fonds en capital
-   Lever des fonds en phase d’amorçage
-   Lever des fonds auprès de fonds d’investissements

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