Suisse made : Tout ce que révèle le modèle économique suisse

« Comment un petit pays privé de ressources naturelles a-t-il pu se doter d’une économie prospère, capable de rayonner dans le monde entier et dans quasiment tous les secteurs ? Comment à-t-il pu se hisser au rang de pays le plus compétitif du monde ? »

modèle économiqueLe suisse Hub de l’Ambassade de Suisse à Paris organisait le 19 septembre dernier un évènement en forme de causerie à l’occasion de la publication de la version française d’un ouvrage très intéressant : « Suisse made : tout ce que révèle le succès du modèle Suisse » (éditions Slatkine).

Fathi Derder, Conseiller National Suisse et ancien journaliste, avait réuni autour de lui R. James Breiding, l’auteur, Richard Girardot, un français président directeur général de Nestlé France impliqué en son temps dans le succès de Nespreso et Jean-Claude Biver, l’homme qui a joué un rôle majeur dans le nouvel essor de l’industrie horlogère Suisse entre 1980 et les années 2000 avant de reprendre récemment la branche horlogère de de LVMH.

Un livre sur la réussite du modèle économique suisse

La Suisse est un petit sans richesse naturelle et dont le marché est si petit qu’il paraît pour le moins surprenant qu’il soit depuis 2009 le n°1 mondial de la compétitivité.

R.J.Breiding

R. James Breiding, l’auteur de ce livre, scrute les faiblesses structurelles et donne de très sérieuses pistes, dont certaines sont historiques et surprenantes, expliquant cette réussite qui ne se démenti pas depuis de nombreuses années.

Mais au-delà des explications historiques ce sont les mécanismes du modèle économique suisse et son apport vertueux que le livre met en évidence de manière claire et lumineuse. En creux et avec une prise de recul, apparaissent au lecteur certaines des carences du modèle  Français.

 

Des exemples parlant de l’application de ce modèle économique

Lors de cette table ronde, les témoins se sont attachés à en illustrer l’usage de manière brillante et souvent surprenante à part d’exemples vécus.

Richard Girardot : «  dans le modèle Suisse, avant de prendre une décision, on donne le temps au temps » ; comprenez : on réfléchit bien et longtemps avant de décider mais ensuite on n’y revient pas. «  Ce n’est pas seulement vrai dans le monde des affaires, mais aussi en politique où c’est le plus vertueux : les lois ne changent pas lorsque les majorités changent ».

Une autre idée forte que Richard Girardot met en avant est la valeur travail portée au plus haut niveau en suisse et l’apprentissage qui en est l’artisan. On sent en filigrane que l’intérêt collectif est l’élément dominant et que les votations qui nous surprennent souvent, en sont le socle.

Jean-Claude Biver : « Le livre le montre bien, un des aspects clef de la suisse est que chacun prend les responsabilités de ses décisions : il n’existe ni aristocratie ni autocratie », et de poursuivre avec humour sur des exemples de faiblesses suisses qui ont été intelligemment transformées en forces : «  La suisse est un petit pays, donc avec un petit marché, on n’y peut rien. La réaction naturelle a été de très tôt se tourner vers l’export. Toutes les multinationales Suisses qui ont réussit, les Nestlé, Novartis, Roche, Adecco…, sont parties à l’international dès leurs débuts : il ne pouvait en être autrement, c’était la condition pour exister.
Autres exemples : la suisse est le premier chocolatier au monde, un domaine ou la matière première, la fève de Cacao, n’est pas cultivée ; elle est aussi le premier ascensoriste mondial (Société Schindler) mais pourtant la suisse est surtout construite de chalets et de petits bâtiments, le plus important building suisse ne faisantt que 36 étages ! ».

En fait quand on regarde les chiffres suisses on s’aperçoit que Plus de 80% des fabrications suisses sont exportées. La suisse n’a pas de marché intérieur et le monde entier est donc devenu son marché.

Le livre dissèque et explique tous les aspects du modèle suisse et , ce qui est le plus étonnant , montre  la capacité du modèle économique à se renouveler constamment, comme si sa construction avait en elle un système d’adaptation. C’est sans doute cette spécificité qui le rend jusqu’à ce jour inimité.

Un modèle économique transposable en France ?

Ce fut bien évidemment un des aspects clés qui attira quelques une des nombreuses questions posées aux intervenants. Certaines idées apparaissent sans doute transposables alors que d’autres non, essentiellement parce que le sous-jacent culturel suisse qui soutien ce modèle économique est trop différent de l’approche française :
- La pratique régulière de la démocratie directe,
- L’absence de précipitation dans la prise de décision,
- Un état d’esprit tourné vers l’export avant même le marché intérieur,
Pour ne citer que ceux-ci…

L’approche du modèle économique suisse rejoint celle des français au niveau de l’innovation et de la création d’entreprise que dans  ces deux Pays cherchent à favoriser et à promouvoir. Mais c’est sur les moyens que se fait là encore un différentiation : La suisse ne subventionne rien mais met à disposition de ses start-up les moyens matériels  nécessaires (locaux, machines, compétences,…) là où la France propose des financement qui permettent à la start-up de financer les moyens dont elles ont besoin.
D’aucuns diront que c’est équivalent. Pas si sur, car il est sans doute plus facile de consommer du cash au-delà du stricte nécessaire que d’utiliser à l’excès les moyens mis à disposition…

 

Je vous recommande la lecture de cet ouvrage qui révèle de manière limpide les secrets qui font le succès du modèle économique et, en sous-jacent, politique de la Suisse. Ce livre apporte une ouverture permettant d’envisager différemment  l’approche économique aussi bien macro que micro Pour se procurer le livre

 

A propos de l’auteur

R. James Breiding a obtenu une maîtrise de l’École John F. Kennedy d’administration à l’Université de Harvard et de l’Institut for Management Development (IMD) de Lausanne.

Outre le livre Swiss Made, il est co-auteur du livre Wirtschaftswunder Schweiz (NZZ Libro – Le miracle économique de la Suisse), et il a écrit pendant plusieurs années pour The Economist sur les questions suisses.

R. James Breiding est le fondateur et propriétaire de Naissance Capital, une société d’investissement suisse, et a étét auparavant directeur général de Templeton Investment Management.

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