Bulletin de Paie : Vous avez dit simplification ? 15/4/2012

Vite fait bien fait, bientôt votée et publiée dans la précipitation de ce début de printemps, il faut à tout prix simplifier le bulletin de paie ! C’est vrai que c’est compliqué de s’y retrouver. Mais pour faire bon poids, on y adjoint la nécessité de faire baisser la paperasse, comme si la complexité du bulletin de paie en était la cause.

Complexite

La complexité du bulletin de Paie

Et tous de battre des mains en louant cette simplification qui va à la fois faire baisser la consommation de papier et permettre de mieux comprendre ce bulletin qui accompagne chaque mois le virement de notre salaire.
On a donc décidé d’harmoniser, de simplifier, de normaliser. Une lueur de clairvoyance a sans doute permis de comprendre qu’on ne peut pas simplifier le bulletin sans simplifier les modes de calcul, causes de sa complexité !

Le projet est ainsi d’obtenir aussi que tous les bulletins de paie devenus simplistes tiennent en une page, qu’ils soient présentés de manière identique et donc comparables d’une entreprise à l’autre.

A voir le calendrier, il y aurait moins de travail que ce que l’on imaginait :  Pour janvier /2013, harmonisation et donc simplification des régimes obligatoires,  et dès janvier 2015  les régimes d’assurance chômage et de protection sociale complémentaires doivent aussi avoir été passé au marbre de la simplification.

Aucune raison de douter de ce calendrier, le secrétaire d’Etat en charge des PME et le ministre du travail, Xavier Bertrand, ont dès la mi-mars, avant même la promulgation de la réforme, lancé une « commission de réduction de la paperasse » réunissant chefs d’entreprises, organisations professionnelles et représentants de l’administration  afin de rechercher les pistes de la réduction de la production de papier. Un ami farceur et taquin me rappelait qu’il fut un temps, ancien il est vrai, où Georges Clémenceau disait volontiers que lorsqu’il voulait enterrer un problème il nommait une commission…

On peut en effet s’interroger sur l’intérêt et le sens profond de cette double réforme.

En une page, il n’y a plus aucun détail et comprendre l’origine d’une charge sera tout simplement impossible.
Diminuer le nombre de lignes des bulletins de paie, ce qui peu ou prou permettra au mieux de diviser par deux le nombre de feuillets, mais pas plus, est louable mais ne va pas du tout dans le sens de la facilité de contrôle des calculs par les salariés. On peut dès lors imaginer, une fois la réforme en place,  que les nombreuses demandes d’explications des salariés provoqueront un engorgement des services paie des entreprises, un mécontentement des salariés et généreront, in fine, un lobby des entreprises pour que l’on revienne à des bulletins de paie explicites et vérifiables.

A y bien réfléchir, il y aurait peut-être une mesure radicale qu’il serait possible de mettre en œuvre rapidement et qui ne nécessiterait pas une commission et tout ce falbala : légiférons sur la dématérialisations des bulletins de paie. Tant qu’à faire, envoyons les bulletins de paie de  France et de Navarre dans le Cloud les rendant numériques et dématérialisés, directement accessibles par les intéressés, tout au long de leur vie…
Résultat rapide, d’une efficacité plus grande et qui n’empêcherait pas de rechercher tranquillement la simplification et de légiférer en conséquence.

Mais cette dernière tâche est si grande que cette commission deviendrait certainement permanente.

Ceci étant, la réforme n’est pas faite et le temps qu’elle aboutisse, le problème aura sans doute changé de nature. On se demande bien ce qui anime une telle volonté de réforme à la veille d’élections présidentielles ! Mais là, c’est une autre histoire…

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